Ramener sa science

La science, qu’est-ce que c’est ? La pandémie du SARS-CoV2 amène à quelques réflexions sur la notion de science aujourd’hui, et sur l’utilisation de la science.

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Sait-on, comprend-on vraiment ce qui fait une, la science ?

Science et chiffres

Impossible d’échapper aux chiffres. Nombres de morts, nombre de cas, au niveau régional, national, mondial. Il est considéré que la science, ce sont des chiffres. Pour faire scientifique de nos jours, il faut sortir son tableau, son petit graphique, il faut des éléments chiffrés. La science doit mesurer, évaluer, et rien de plus précis que les chiffres, nous dit-on.

Cependant, les chiffres, en eux-mêmes, n’ont aucune signification. Par exemple, le nombre de morts dus au nouveau coronavirus n’a aucune signification en lui-même. Des milliers de gens meurent tous les ans. Régulièrement, une épidémie de grippe un peu forte vient en augmenter le nombre. La mortalité en France augmente tous les ans en raison du vieillissement de la population.

De fait, voici la courbe de la mortalité en France depuis 2010, selon les chiffres parfaitement officiels de l’INSEE :

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Nombre de décès annuels en France depuis 2010.

Nous voyons que le pic du coronavirus de 2020 est plus bas que celui de la grippe de 2017. D’où une interprétation aussitôt différente de la gravité de la situation.

Un chiffre n’a aucune signification en lui-même, et ne garantit donc pas la scientificité, ou la rigueur d’une présentation. Pourtant, on lui donne cette signification, sans recul, au niveau sociétal ou politique.

La construction des chiffres

Les chiffres sont une construction. C’est-à-dire qu’ils sont choisis dans un but précis. C’est-à-dire aussi que les calculs qui ont permis de les sortir sont choisis. Les éléments qui servent à dépeindre la réalité sont choisis. La représentation va dépendre de ces choix. Cette représentation est une construction réalisée consciemment. Souvent à fin politique.

Par exemple, le simple fait de donner le nombre de morts, sans le replacer dans le contexte de la mortalité globale est un choix. Comme d’abandonner ce chiffre pour ensuite passer au nombre de cas. La représentation de la réalité est construite.

La manière dont les chiffres sont traités est choisie également. Par exemple, prenons le pourcentage de tests positifs au coronavirus. Passons les polémiques sur l’efficacité de ces tests, qui n’est pas le sujet ici. On peut choisir de présenter le chiffre brut, c’est-à-dire le pourcentage de tests positifs par rapport au nombre de tests. C’est ce qui semble fait sur les tableaux du site Santé Publique. Mais on peut aussi choisir de les retraiter statistiquement, c’est-à-dire de faire comme pour un sondage électoral. On détermine, par des procédés statistiques très bien maîtrisés par les statisticiens, un chiffre de positivité représentatif de la population.

Construction légitime ?

Pour analyser des chiffres, il faut donc toujours s’interroger sur leur construction. Est-elle légitime ? De belles statistiques ne sont pas un gage de scientificité. Parmi les chiffres qui nous sont présentés, on peut se demander comment sont calculés les fameux taux de prévalence, le nombre de reproduction. S’il n’y a pas de traitement statistique, comme pour le taux de positivité, ils n’ont pas grande signification. Plus encore, la courbe du taux de prévalence varie brusquement après le 30 septembre, comme si la méthode de calcul avait changé.

Enfin, pour faire des comparaisons entre deux périodes, il faut les mêmes mesures au cours de ces deux périodes. Par conséquent, comparer la période de mars-avril à celle d’août-novembre est vide de sens avec le nombre de cas ou le taux de prévalence ou le nombre de reproduction. Les tests sont beaucoup plus nombreux aujourd’hui, ce qui fausse la comparaison.

Les chiffres sont ainsi construits. La représentation de la réalité par les chiffres est une représentation choisie. Et donc pas forcément rigoureuse. Voire forcément pas rigoureuse. La construction des chiffres doit être connue pour se faire une opinion. Les chiffres seuls ne garantissent pas la scientificité.

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La science au service de la transformation de la réalité ?

La situation

Essayons d’esquisser notre propre représentation de la pandémie en France, avec les chiffres officiels. Le premier critère est la mortalité globale. Nous avons déjà vu que le coronavirus avait eu un impact équivalent (peut-être même moindre), à la grippe de 2017 en mars-avril. Depuis la mi-août, le nouvel épisode semble peu affecter la mortalité attendue, selon les chiffres du bulletin épidémiologique de Santé Publique. Sachant que le nombre de morts est aussi impacté par le confinement, qui a retardé des soins.

Quels chiffres choisir ensuite ? Nous prendrons le nombre d’hospitalisations, et le nombre d’hospitalisés en service de réanimation. Les chiffres cumulés et les entrées journalières sont publiés. Ces chiffres ont deux avantages : ils n’ont pas à être retraités, ils permettent une comparaison entre les périodes. Bien sûr, avoir une estimation fiable du nombre de malades aurait été très utile, car si la gravité de la maladie diminue, il peut y avoir moins d’hospitalisés mais autant de malades sur les deux périodes.

Que nous disent les chiffres que nous avons choisis ? Tout d’abord, il n’y a pas eu de deuxième vague. Ce qui a été appelé deuxième vague, c’est une augmentation du nombre de malades dû au déconfinement. Le virus était susceptible de reprendre sa propagation car les gens recommenceraient à s’embrasser, se toucher, s’assembler. Cela ne s’est pas produit, malgré de multiples manifestations, malgré la fête de la musique, malgré les bars bondés. La reprise de l’épidémie est trop tardive pour être attribuée à une deuxième vague.

Ne pas faire de 2eme vague

On constate que le rapport entre les hospitalisations et les réanimations est plus faible que lors de la première période. La maladie serait moins grave. Il semble y avoir eu deux épidémies depuis août 2020. Une première en août, principalement dans le Sud. Puis une autre a pris le relais, peut-être vers fin septembre. Depuis août, le Sud est plus touché.

Un premier variant du virus semble être arrivé d’Afrique du Nord. Puis, un variant apparu en Espagne semble avoir pris le relais en Europe. Curieusement, deux zones qui ont été très touchées en mars-avril, l’Île-de-France et l’Est, sont moins touchées depuis août.

Que peut-on en conclure ? Il manque des éléments. Des éléments non chiffrés ! Il faudrait pouvoir suivre les variants du virus. Ce qui est important ici, c’est que le tableau est différent de la narration officielle. Le problème serait plutôt l’ouverture des frontières, qui permettrait la circulation de nouveaux variants, que l’attitude des Français qui seraient coupables de la nouvelle épidémie. Notons qu’une saisonnalité n’est pas à exclure.

Nous avons esquissé ici un tableau différent de la narration médiatique. A partir des chiffres gouvernementaux pourtant. Les chiffres sont considérés comme un critère de scientificité. Mais ils ne signifient rien en eux-mêmes. Ils sont choisis, et construits. Le plus important est finalement le choix des chiffres, le choix des traitements qu’ils subissent. Là est le critère de scientificité.

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Structurer la pensée par le scientisme…

Les débats

Le SARS-CoV2 a suscité quelques débats dans la sphère médiatique. Différentes catégories d’intervenants ont émergé. Parmi les contributions scientifiques sérieuses, on peut en distinguer trois : il y a les médecins, les épidémiologistes, les chercheurs.

L’intérêt est de constater les différentes approches de l’épidémie par ces différentes catégories, ainsi que la manière dont ces approches sont considérées majoritairement dans notre société. Bien sûr, ces catégories sont déterminées pour l’analyse. Tous les médecins ne pensent pas de la même façon, tous les épidémiologistes ne pensent pas de la même façon, de même pour les chercheurs. Sous l’angle scientifique pur, ils devraient.

Médecins

Commençons par les médecins. Précisons que ce sont les médecins généralistes, ceux qui sont le premier recours pour les patients, qui sont sur le terrain. Des médecins se sont plaints d’avoir été tenus à l’écart durant la pandémie, en raison de l’extrême centralisation de la gestion de la santé en France. Surtout, des médecins se sont plaints de ne pas pouvoir soigner. Que voulaient-ils dire ?

Face au nouveau coronavirus chinois, les instructions des autorités qui gèrent la santé en France est de leur donner du Doliprane, et d’attendre. Eventuellement, c’est l’hôpital, puis la réanimation. Certains médecins revendiquent de pouvoir tenter des traitements, en fonction de leur expérience, et en fonction du patient. C’est là la réflexion intéressante. Chaque patient est différent. Entre le sportif en salle de sport, et l’amateur de sport devant sa télévision, il y a des différences. De plus, les symptômes du coronavirus peuvent recouvrir d’autres affections. Enfin, le médecin peut mettre l’accent sur le soin des comorbidités pour renforcer les défenses du patient.

Un médecin qualifiait sa science de science humaine. D’autres voix l’accompagnent. Pas au sens de science humaine comme la langue. La médecine est une pratique empirique, basée sur l’observation. Le médecin lui-même acquiert de l’expérience en observant. Mais c’est une science humaine dans le sens où le médecin doit s’adapter au patient. C’est-à-dire que la médecine, ce n’est pas une réponse standardisée à un cas standardisé. Ce n’est pas parce que deux patients ont la même maladie qu’ils auront exactement le même traitement.

C’est une réflexion très intéressante. Nous ne sommes pas dans la mécanique. Nous ne sommes pas dans la physique. En physique, une force appliquée sur un objet aura toujours le même effet. En mécanique, aussi. En médecine, le même remède n’aura pas les mêmes effets sur chaque patient. Ce qui distingue la médecine de la physique, de la mécanique. La médecine est empirique, dans le sens où elle est basée sur l’observation. Mais elle dépend aussi du patient, et du médecin. Elle dépend des choix du patient, qui peut vouloir se soigner ou non, et du médecin, qui peut, en son âme et conscience, faire des propositions adaptées au patient, et non appliquer un traitement standard. Nous sommes ici dans l’action humaine, la prise de décision, le choix.

Chercheurs

Passons maintenant aux chercheurs. Leur méthodologie est purement expérimentale. Ils testent une molécule sur le virus. Étudient les effets. Si l’expérience donne les effets escomptés, elle est reproduite dans les mêmes conditions, pour vérification. Si les mêmes effets positifs sont observés, on passe aux tests sur des individus. Ils sélectionnent deux groupes d’individus. La composition des deux groupes doit être identique. Un groupe reçoit la molécule, un groupe reçoit un placebo. Ni les individus, ni les médecins ne savent qui reçoit le placebo, ni qui reçoit la molécule. Si les effets se confirment, l’expérience doit être reconduite à l’identique. La molécule est validée si les tests sont réussis plusieurs fois. C’est ce qu’on appelle les tests randomisés, aléatoires ce nouveau mot que le grand public a appris grâce au SARS-CoV2.

C’est une méthode par expérimentation. On teste une hypothèse, en l’occurrence un principe actif, une molécule, une bactérie, etc. Et on en mesure les effets statistiquement (les tests randomisés ne sont rien d’autre que de la statistique).

Cette méthode expérimentale est plébiscitée en science de nos jours. Elle est considérée comme la plus rigoureuse. C’est notamment le principe de réfutabilité de Popper. Toute énonciation scientifique doit être réfutable par l’expérience. Donc, tant que l’expérience ne l’invalide pas, elle est vraie. Ce qui fait que cette méthode est considérée comme la plus scientifique.

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Médecine ou recherche ? Laquelle doit avoir le dernier mot ?

Nous voyons là une différence entre les chercheurs et les médecins. Selon la méthodologie des chercheurs, une cause entraîne une réaction, une maladie entraîne un traitement, ou un vaccin, ce qui est une forme de traitement préventif. Le médecin réagira différemment. Comment le traitement sera-t-il supporté par le patient, le vaccin est-il utile si le patient est suffisamment jeune pour résister à la maladie ? Faut-il imposer un traitement à une personne de 80 ans qui souhaitent profiter de ses derniers jours, et se moque de vivre trois mois de plus ou de moins ?

Le chercheur et le médecin traitent tout deux le coronavirus. Leurs approches sont totalement différentes. Peut-on réellement en qualifier une de plus scientifique ? La réponse est oui, si on considère la méthode expérimentale pure comme la seule méthode scientifique. Ou, on peut considérer que la science du médecin est différente de celle du chercheur. Le chercheur ferait plutôt de la biologie que de la médecine. Science contre art.

épidémiologistes

Venons-en maintenant aux épidémiologistes. Ce sont ceux qui ont d’ailleurs donné les meilleures prévisions. Ils ne parlaient que de la courbe en cloche que l’épidémie allait prendre, alors que tout le monde s’affolait. Ils ont eu raison. Mais il fallait du cran pour le dire, dans l’affolement général. Leur mantra a toujours été « on détecte, on isole, on soigne », plutôt que le confinement. Ce que l’OMS commence à conseiller aujourd’hui, plutôt que le confinement ! Ils ont aussi prévenu d’une possible saisonnalité de la maladie. Sommes-nous dans cette saisonnalité ? C’est une question.

Les épidémiologistes ont des accointances avec les deux précédents groupes. Ils sont des chercheurs. Ils observent une situation, en tirent des observations. Ils font des analyses pour connaître les interactions entre un virus, ou une bactérie, et l’être humain. Mais ils ne peuvent pas faire d’expériences d’épidémies en laboratoire. Ils ne peuvent pas faire d’expérience reproductible.

Ils sont aussi médecins. Ils peuvent tester des traitements, les poursuivre quand ça marche, sur des populations nombreuses. Bien sûr, ce ne seront pas des tests randomisés, l’étalon maître de l’expérimentation.

Inutile querelle

Il y a eu une querelle entre le professeur Didier Raoult et les chercheurs. Il est lui-même un chercheur. Mais n’effectue pas les fameux tests randomisés. Car il est aussi médecin. Il a défendu un traitement, qui comprend de l’azithromycine, un antibiotique, et de l’hydroxychloroquine.

Le professeur Raoult a fait l’objet de critiques virulentes. Le motif était sa méthodologie. La méthode expérimentale est certifiée comme étant la meilleure. C’est le standard de la profession. Comme il ne fait pas de tests randomisés, il est conspué.

Nous avons vu dans une première partie ce que valent les chiffres. Tests randomisés ou pas, ce sont des statistiques. Nous avons vu que les chiffres étaient un construit, qu’il fallait analyser pour se faire une opinion. D’un point de vue statistique, il faut ainsi regarder la construction des chiffres. Les tests randomisés dépendent des échantillons constitués. Il faut reproduire l’expérience avec des échantillons identiques. On peut très bien échantillonner a posteriori sur des traitements. On peut aussi comparer des traitements entre eux. Il n’y a pas de méthode meilleure qu’une autre en statistique.

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Remettre l’homme au centre de la médecine.

Ce qui est significatif dans cette crise du coronavirus, c’est que la méthode purement expérimentale est plébiscitée. On a peu écouté les épidémiologistes, préférant les messages d’affolement. On ne jure que par la randomisation. On recherche le traitement ou le vaccin universel, sans laisser les médecins adapter les préconisations à chaque patient.

Quelle est la meilleure approche face au coronavirus ? Simplement poser la question suppose qu’il y en a une. Mais y en a-t-il une ? Le médecin soigne. Il s’adapte au patient. Il utilise les informations, la connaissance au moment où il soigne. Cette connaissance est fournie par le chercheur, qui teste des molécules, des vaccins, par la méthode expérimentale. L’épidémiologiste fournit d’autres informations. Pour le médecin, pour le public aussi, et le décideur politique.

Savoir comment fonctionne une épidémie permet de garder son sang-froid, de raison garder. Et d’avoir une bonne perspective. Il n’y a pas d’opposition entre les domaines. Chacun de ces domaines, la médecine, la recherche en médecine, l’épidémiologie, a ses méthodes, chacune scientifique, chacune adaptée à son domaine. Vouloir appliquer le critère de scientificité d’un domaine à un autre est absurde.

La vérité scientifique

En science, chaque domaine a sa méthodologie, son épistémologie. Par exemple, la méthode des sciences expérimentale ne s’applique pas en économie. Pourtant, certains veulent appliquer la méthode des sciences expérimentale en économie !

La méthode expérimentale est considérée comme le parangon de la scientificité. Donc, on veut appliquer cette philosophie dans tous les domaines. On recherche une cause, avec une solution dédiée. Donc, face au coronavirus, la course au vaccin a été lancée.

C’est la solution dédiée. Les subtilités de la médecine généraliste, de l’épidémiologie, qui, elle, incite à prendre des mesures non médicales, comme le filtrage aux frontières, ne sont pas prise en considération. Il y a une préférence pour la science expérimentale pure, pour les solutions qu’elle propose : à une maladie, un médicament ou un vaccin dédié, pour tout le monde.

Cependant, plus qu’une préférence, il y a une volonté d’imposer une vérité. La vérité scientifique.

Imposer sa vérité

Peut-il y avoir une vérité en science ? On nous parle sur divers sujets de « consensus scientifique ». Que ce consensus soit réel ou non, d’un point de vue scientifique, c’est un non-sens. Il était un temps où le consensus scientifique disait que le soleil tournait autour de la terre. Un olibrius disait le contraire. Il avait raison. La science est doute, remise en cause, discussion. Seuls les arguments scientifiques doivent avoir cours. Ce n’est pas un vote à la majorité. C’est la logique et la rationalité.

Il n’y a pas de vérité absolue en science. Il n’y a pas de vérité. La vérité en science aurait un sens religieux, au sens de vérité révélée. Ce qui est antinomique. Il n’y a aucune certitude en science. Il faut toujours tester les arguments, bien plus que les données, sans a priori.

Mais notre époque recherche LA Vérité. Avec une majuscule. Le débat n’est plus argumenté. Il faut démonter le contradicteur, par tout moyen. Et peu importe la logique. Ainsi, face au coronavirus, le masque facial a d’abord été considéré comme inutile par le gouvernement. Puis, il est devenu indispensable, même en plein air. Ceux qui soutiennent le contraire sont facilement qualifié de complotiste ! Ce qui n’est pas un argument scientifique. La science s’efface face à la polémique.

De même, l’hydroxychloroquine, préconisée par le professeur Raoult, a été diabolisée. On en a fait un traitement dangereux. Pourtant, c’est un produit bien connu, que l’on sait utiliser. Une étude publiée dans le Lancet a tenté de signer son arrêt de mort. Un peu plus d’une semaine après, cette étude a été retirée, en raison de suspicions sur les données !

Boullée

Etienne-Louis Boulée – Cénotaphe à Newton.

Marxisme du scientisme

Cela rappelle l’article de l’Obs, grand newsmagazine s’il en est, qui relatait une expérience qui prouvait la nocivité des OGM. Expérience invalidée très vite. Même dans le domaine scientifique, au lieu d’argumenter, on cherche à détruire le contradicteur.

Dans le domaine public, la raison n’a plus cours non plus. Aux USA, l’hydroxychloroquine a été diabolisée, parce que le président Donald Trump, honni des médias, la recommandait ! Les affinités politiques qui prennent le pas sur la science ! Mais où va-t-on ?

La rationalité ne gouverne pas le monde. Elle ne gouverne pas non plus le monde scientifique. Il y a la volonté d’imposer une vérité là où il devrait y avoir débat, interrogations, doutes. Et même l’absurde, comme le port du masque en extérieur, sans foule autour de soi, est justifié, au nom du bien public. La science, la vraie, est oubliée.

Le phénomène est exacerbé par la centralisation du pouvoir, et l’étendu de ce pouvoir. En France, c’est l’état qui décide de ce qui est bien ou mal. L’état décide de la vérité. Aux USA, même si le président Trump a respecté le fédéralisme, c’est le Centers for Desease Control qui impose ses préconisations pour la pandémie du coronavirus chinois.

Une vérité est désignée, voulue. Par les médias, par l’état. Alors que toute situation, selon les critères scientifiques, nécessite une analyse. Alors que, même selon les critères scientifiques, le débat est permis. C’est le principe du doute scientifique. Il n’y a pas de vérité qui émerge, pas de certitude. C’est le doute scientifique. Pourtant, on nous assène une vérité. Une révélation. Comme une religion.

Les heures les plus sombres de notre histoire

Toutes ces réflexions amènent à des conclusions pessimistes. Ne va-t-on pas vers les heures les plus sombres de notre histoire, comme on dit ?

Exagéré ?

Franchement, s’il n’y a plus de débat, s’il y a une vérité révélée, si face à une maladie nous ne sommes pas capables d’agir avec raison, si face à cette maladie nous agissons de manière centralisée, en définissant une vérité, en fonction d’un seul type de scientificité, est-ce exagéré ? Si on nous impose une vérité, en considérant que ceux qui disent le contraire sont des ennemis, est-ce exagéré ?

On ne peut s’empêcher de voir des analogies avec le marxisme : si vous êtes bourgeois, vos théories sont forcément en faveur de la bourgeoisie, et vous êtes l’ennemi du peuple. Que le marxisme soit une théorie bourgeoise n’a jamais gêné ce raisonnement. Dans notre monde développé, la raison n’a pas cours, les croyances nous guident.

On en revient toujours à une chose : la liberté. La science a besoin de liberté. L’imposition d’un critère de scientificité est néfaste. Pour l’existence même de la science.

 

Artois & Euclide