Souverain toi-même !

Dans un article du 23/04/2018 publié ici, Edouard Fillias, en réponse à Laurent Alexandre, explique que nous aurions comme un choix à faire entre la liberté et une dépendance aux technologies et au dada de ce dernier, l’Intelligence Artificielle (IA).

Comme le souligne Edouard dans cet article, le docteur Laurent Alexandre a raison de dire que nous autres Européens, et en particulier Français, nous sommes dépassés par les stocks de datas et le savoir-faire avancé en matière d’IA d’autres pays. Sauf que Laurent Alexandre en combat concrètement la cause, en s’étant exilé fiscalement, tandis que Edouard espère encore un miracle de la part de politiciens et autres grassement subventionnés pour nous sauver, alors qu’ils n’ont de cesse que de nous ruiner.

S’il est vrai que les Américains (et maintenant les Chinois) ont toujours un ou plusieurs coups d’avance en matière de développement de technologies, comme à un jeu d’échec, il est pourtant faux d’en déduire qu’ils sont souverains des technologies et que nous ne le serions pas.

Le problème de souveraineté, si problème de souveraineté il y a, est ailleurs, ni à réduire ou augmenter la liberté, ni à réduire ou augmenter la dépendance aux technologies. Pour la bonne raison, incontestable, que la souveraineté ne s’applique qu’à la propriété et au droit des personnes. Or les Américains, quand ils vendent de la technologie et des datas, c’est bien l’acquéreur qui en devient propriétaire à son tour, donc souverain sur son bien. Que je sache, les Français aussi échangent des données, soit qu’ils en vendent (pas des masses compte tenu du poids des taxes et contraintes difficiles à refourguer), soit qu’ils en achètent (les Français sont souverains d’un stock de datas inapproprié et/ou inexploité).

Tech

Souveraineté technologique ?

Bien sûr, pour pouvoir vendre des datas, encore faut-il les avoir collectées. Or la collecte de données, à ma connaissance, n’est pas exercée par la contrainte auprès de ceux qui les déposent. Tout au plus, ceux qui les déposent, ne savent-ils pas toujours que chaque information les concernant a de la valeur pour ceux qui en font commerce et ne savent-ils pas encore toujours bien se servir des outils technologiques, ni bien défendre leur bien et leur droit. Néanmoins, il y a en effet matière à espérer, s’ils peuvent et veulent apprendre, et c’est de cette façon qu’ils font progresser le marché.

Chic & Tech

Mais en fRance notamment, faire commerce, donc analyser froidement des données de demande pour vendre, est considéré comme une activité de marchand de soupe, dégradante !

D’ailleurs, il suffit de demander la carte de visite de n’importe quel vendeur en fRance : sur aucune il n’est écrit vendeur.
Trop dégradant, trop cru. Vous trouvez des chefs de secteur à la pelle par contre. Parce que vous comprenez, même si pour beaucoup, ils ne font que prendre des ordres et ne vendent rien du tout, chef, c’est bien plus chic. Et c’est important de faire Chic & Tech en fRance, bien plus que de vendre !

C’est d’ailleurs aussi pour ces raisons que même dans les grandes écoles de commerce en fRance, vous trouvez une palanquée d’étudiants qui ne veulent surtout pas faire de vente, tout mais pas de la vente. C’est assez cocasse.

Surtout quand on les retrouve quelques années plus tard, en tant que directeur commercial, à se plaindre qu’ils ont des difficultés à trouver de bons vendeurs en fRance. Eh ben oui garçon, c’est normal, t’es en fRance !

Vendre

Vendre, vous voulez vendre ?

Rendez-vous compte ce que les vendeurs rabâchent à longueur de temps. Ils ne vendent pas parce que les prix sont trop chers, parce que la météo n’est pas bonne, parce que les clients sont trop exigeants, parce que les concurrents ont plus de moyens etc. Mille et une mauvaises raisons de ne pas vendre et du coup de demander, en courbettes et en ronds de jambes, des subventions à l’état, alors qu’une simple démarche de vente ferait bien mieux l’affaire. Ah mais non, c’est répugnant ça, une démarche de vente.

C’est tellement plus Chic & Tech d’aller bouffer à l’Elysée pour obtenir des subventions, d’autant plus que maintenant, ils ont de belles assiettes toutes neuves !

Rien à vendre

C’est ainsi, qu’avec cette merveilleuse mentalité française (que le monde entier nous envie), Edouard en vient à craindre pour la souveraineté de sa nation chérie, qui n’a rien à vendre et ne veut surtout pas s’abaisser à cette vile et fausse besogne.

Selon lui, il ne faudrait donc pas utiliser la technologie pour émettre de la monnaie, ni échanger avec cette fausse monnaie. L’économie réelle ne se réaliserait que par l’intermédiaire d’états, seuls compétents pour émettre de la vraie monnaie et donc permettre de vrais échanges profitables et durables. On est allés sur la lune, c’est grâce à l’état et ce fut gratuit, c’est l’état qui a payé !

Et de poursuivre toujours plus en avant, avec l’état, monopole de la monnaie et de la bourse, où le propos n’est surtout pas que chacun puisse enfin participer au commerce, au libres échanges plutôt qu’aux taxes, via les technologies et un état d’esprit commerçant et joueur, sans liberté confisquée.

Non surtout pas, que les plus à la pointe des codes et statistiques s’en aillent étaler leur supériorité prestigieuse Chic & Tech aux quatre coins du monde, soutenus par des subventions étatiques et le législateur en vogue, fera l’affaire.

Evidemment, dans ce cadre idyllique des petites affaires d’état entre amis, les américains, les chinois et d’autres, nous attendent les bras ouverts. Ces gens-là sont prêts à prendre nos leçons et achètent sans conditions, c’est bien connu !

Bon vieux capitalisme de connivence

Edouard, qui par le passé s’afficha libéral, nous propose ce bon vieux capitalisme de connivence, où il est préférable de réaliser son IPO (langage Chic & Tech pour dire introduction en bourse) avec l’état comme caution réelle : c’est pourtant bien nous qui sauvons les banques de dettes pourries que nous n’avons jamais contractées, non ?! Comme si la taxation opérée par la caution et les dettes qu’elle génère, étaient miraculeusement de l’économie réelle et par ce tour de passe passe magique de realpolitik Tech, le marché mondial devrait rendre allégeance à la fRance et à l’Europe, par enchantement collectif durable !

AL

Le temps où la liberté semblait importante.

Comme le choix semble cornélien, entre la raison de la liberté et le sentiment de dépendance aux technologies : il suffit toujours et encore de s’en remettre au bon vouloir du prince de la nation, pour nous sauver d’une catastrophe annoncées.

Sauf que dans le monde libre et en droit, Edouard oublie que seul l’individu est souverain. Il est même libre d’être dépendant à ce qu’il veut, même libre de mal investir s’il le veut et l’état n’a pas à intervenir.

Aucune technologie ne peut concrètement confisquer de liberté à personne, ni rendre personne dépendant d’elle. En revanche, une communauté d’hommes d’état, par la corruption et la force, réussissent très bien à confisquer la liberté pour maintenir en état de dépendance une population sensible au sacrifice, pourvu que le sacrifice soit Chic & Tech !

L’état n’est pas compétent pour intervenir. Nulle part, jamais. Que les Français cessent donc de se sacrifier et d’être sacrifiés.
C’est techniquement faisable, souhaitable et libéral.

 

Artid