Une mafia peut en cacher une autre

Vous entendez régulièrement qu’il ne faut pas opposer le public au privé. Vous ne serez pas surpris de constater que ceux qui prononcent ce genre de phrases ont systématiquement au moins un avantage, une rente ou un intérêt tiré de l’état.

Dans la pratique, tout oppose le privé au public. L’hypocrisie ultime est de refuser le fait que le second dispose d’une rente de situation au détriment du premier. C’est être le mafioso qui ne voit pas que les victimes rackettées par son organisation ne bénéficient en aucune façon des retombées économiques de la protection qu’elle dit vouloir nous apporter, et qu’il est d’abord le complice d’extorsion de fonds mises en place par son organisation pour se maintenir.

Imposer des règles à quelqu’un ne vaut absolument pas son consentement libre et volontaire.

Mafia

La mafia ne veut pas être assimilée aux politiciens… c’est dire…

La différence se situe au niveau de la survie individuelle : la fonction publique prétend protéger ses membres par le droit positif derrière un statut dit « légal », lequel, quelles que soient les conditions économiques au sein de la société, permet de s’affranchir de tout risque pour celles et pour ceux qui sont employés.

Ainsi, grâce à une législation arbitraire et à une fiscalité qui l’est tout autant, un individu devenu fonctionnaire s’affranchit de tout risque pour obtenir ses revenus, sans voir, ou sans se soucier, qu’il n’y a pas égalité de droit avec les individus du privé. Les individus du privé obtiennent leurs revenus par les échanges libres et consentis (ou pas) sur le marché, avec les risques inhérents aux évolutions s’ils ne se remettent pas en cause. Contrairement aux individus du public, qui ont une carrière toute tracée et tirent des revenus issus de la coercition étatique sur le privé, sans aucun véritable risque de subir les évolutions du marché. Cela s’appelle bien une rente de situation et un privilège.

À la différence de la mafia qui est illégale, la fonction publique s’est déclarée légale, mais le principe d’obtention de la position est le même : il y a bel et bien spoliation de ceux qui prennent des risques et échangent librement leurs produits et services. Autrement dit, celui qui possède la rente n’engendre aucune augmentation de l’activité économique au sein de la société et ne s’en offusque pas.

Ainsi le fonctionnaire ou le mafioso utilisent les mêmes méthodes immorales de pression sur les autres par les mêmes arguments de prétendue protection. Ils s’enrichissent individuellement sans effort et sans risque particulier pour leur propre survie en exploitant par la force et l’arbitraire les efforts et les risques d’autrui. La survie du fonctionnaire ou du mafioso ne dépend en effet que de la survie de leur système, qu’ils espèrent supérieure à leur survie individuelle.

L’esclavage n’a pas été aboli

Une telle rente coercitive n’est guère différente dans son principe de celle des esclavagistes vis à vis de leurs esclaves. L’esclavage physique a juste fait place à un esclavage par la manipulation mentale, en se servant de cette croyance collectiviste.

Les esclavagistes n’avaient pas plus de scrupules dans leurs actions avec les esclaves que les fonctionnaires n’en ont avec les contribuables : ils invoquent qu’ils leur rendent un service en les protégeant, sans qu’il existe le moindre contrat consenti. La naissance sur un territoire n’autorise aucune autorité à détenir un citoyen dans une prison morale. Imposer des règles législatives et fiscales par un régime autoritaire, républicain ou non, démocratique ou non, sans le consentement explicite des individus relève bien de méthodes de voyous.

rente

Comment se fait-il que tant de députés soient des fonctionnaires ?

Pour ceux qui subissent de tels abus de pouvoir dans leurs propres échanges économiques, il est important de savoir comment une telle situation peut cesser.

Il ne faut cependant pas attendre de miracle au niveau individuel : la survie d’un état ou de la fonction publique sont hélas supérieures à celle d’un individu. Mais de telles institutions sont à la merci d’un événement imprévisible. C’est donc sur sa capacité à résister à l’environnement que tout système étatique peut faillir.

Notons que l’être humain n’a pas besoin d’un tel système pour vivre, alors que ce système a besoin de l’existence d’une activité privée, et donc d’individus qui prennent des risques, pour exister.

L’humanité pourrait être menacée de disparaître (peu importe la raison) que ce serait fatal pour tout individu. Mais la fonction publique, qui plus est française, pourrait disparaître que cela ne porterait pas préjudice à l’humanité. Seuls ceux qui sont dépendants de la fonction publique subiraient un préjudice, qui ne toucherait pas ceux qui la subissent.

Un principe bien rodé qui finit par manquer d’huile

La législation et la fiscalité alimentent ce système. La législation augmente progressivement le risque de faillite collective en réduisant l’activité économique (donc du privé) et la faillite du système surviendra par l’incapacité du système à restreindre ses besoins et son emprise sur le privé.

Les interventionnistes de tout poil s’imaginent que les emprunts d’état ou la mobilisation d’argent dit public pour des grandes causes (telle que la rénovation des banlieues) apportent de l’activité économique. En réalité, ils entraînent plus de risques systémiques au sein de la société française par augmentation de l’oppression fiscale.

Faillite

La faillite étatique est inéluctable, ne nous y trompons pas.

Car n’oublions pas que lorsque des milliards d’argent dit « public » (en réalité de l’argent privé volé faussement légalement par la fiscalité) sont mis dans la balance, une armada bureaucratique se met en place et capte pour son fonctionnement propre (enfin, sale, plutôt) une grosse partie du budget. Ce qui arrive à destination est réduit à peau de chagrin et n’est pas à la hauteur des espérances initiales.

Seuls les fonctionnaires qui vivent sur ces budgets y voient un intérêt et imaginent que leur travail présente une utilité. On ne peut évidemment pas lutter contre cette illusion. On peut cependant constater les faits et que malgré toutes les mesures et l’argent déjà dépensé, le problème est toujours prégnant.

Tous les domaines dans lequel l’état oblige à mobiliser des moyens financiers se révèlent finir par toujours solliciter les citoyens : santé, retraite, énergie, transports, immobilier social, etc…

L’état ne peut pas faire faillite, du moins en théorie, officiellement, comme une entreprise qui disparaîtrait. Dans la pratique, comme la survie d’un peuple est très largement supérieure à celle d’un humain, la survie d’un système ne peut se faire que si ceux qui le portent sont en mesure de lui permettre de survivre. Que ce soit le système soviétique, le système chypriote ou grec, les dirigeants n’ont pas été en mesure de maintenir les rentes sur lesquelles ils vivaient. Constatons que leur effondrement a bien eu lieu, qu’ils maîtrisaient ou non leur monnaie. Il aura donc lieu ici aussi.

Elections, piège à c…

Il ne sert à rien d’épiloguer sur toute organisation de la société humaine. Ludwig Von Mises a très largement mis fin à tout débat il y a près d’un siècle avec son immense ouvrage “Socialism: An Economic and Sociological Analysis” : aucun collectivisme n’a de chance de survivre à terme, la chute étant plus ou moins rapide, c’est tout.

Jusqu’à présent, aucune expérience d’organisation collective n’a pu remettre en cause cette vision et personne ne l’a scientifiquement réfutée. Et au niveau individuel, Nicholas Nassim Taleb (Le Cygne Noir) explique très bien que « l’important n’est pas ce qu’une personne a ou n’a pas, mais ce qu’elle a peur de perdre. » De quoi un fonctionnaire a-t-il peur ?

Ainsi, comment avoir confiance en des personnes dont la survie dépend des évaluations professionnelles de leurs seuls supérieurs hiérarchiques et non de leurs clients, que les décisions politiques continuent à renforcer leurs pouvoirs de nuisance, alors que l’argent qui les rémunèrent est spolié à ceux qui ne sont pas protégés par le statut ?

L. von Mises

« Socialism », immense ouvrage de Ludwig von Mises.

Un fonctionnaire n’a donc rien à perdre et seul un événement de ruine collective peut lui faire comprendre ou admettre que son système était corrompu.

Tous ceux qui s’évertuent à penser que les élections peuvent amener un changement de paradigme se trompent : les élections sont le terreau sur lequel tout collectivisme moralisateur se fonde pour accroître son emprise sur la société.

Les individus qui vont voter sont les responsables de la situation : ils ne peuvent pas accuser le pouvoir qu’ils ont mis en place. L’analyse des faits historiques devraient les inciter à réfléchir à la seule véritable égalité qui puisse exister entre les hommes : l’égalité en matière de probabilité de perdre son emploi et ses revenus.

Ce qui exclut toute rente statutaire, à commencer par celles issues de la législation !

 

Bellegarrigue