Altercation d’alter-égaux

Nous avons été témoins dernièrement, d’une altercation entre Luc Ferry, essayiste français, ancien professeur de philosophie, ancien ministre de l’éducation nationale et Cédric Villani, mathématicien, directeur de l’Institut Henri-Poincaré, professeur à l’Université Claude-Bernard-Lyon-I, élu député dans la cinquième circonscription de l’Essonne pour le mouvement La République en marche !

Voici l’affaire.

Ferry Villani

Villani – Ferry / Maths – Philo = Politichiens

Un classement PISA dit que les élèves en France sont nuls en mathématique. Score obtenu : même pas la moyenne, avec 493 points sur 1000.

Suite à quoi, Cédric Villani pond un rapport visant à renforcer l’apprentissage des mathématiques à l’école, le gouvernement lui ayant confié pour mission de réconcilier les Français avec les maths.

Luc ferry rétorque, « les maths ne servent à rien », ce à quoi Villani s’oppose en déclarant « le plaisir de la découverte des maths dure plus longtemps que le plaisir sexuel. C’est quelque chose qu’on peut expérimenter très tôt, le fait que comprendre vient avec un éblouissement et le plaisir de voir tous les arguments qui s’enchaînent. »

Pour le plaisir

C’est drôle, parce que moi, j’ai un plaisir qui dure depuis toute petite à découvrir la vie des tétards dans une mare et à suivre leur métamorphose jusqu’à ce qu’ils deviennent grenouilles, mais le gouvernement ne m’a pas confié pour mission de réconcilier les Français avec les grenouilles.

Encore heureux d’ailleurs, parce que je préfère découvrir, expérimenter, comprendre, m’éblouir et éprouver le plaisir des arguments qui s’enchaînent, par moi-même, avec qui je veux, quand je veux et où je veux. Ce qui ne me dispense pas de prendre plaisir aussi avec des mathématiques, puisque j’aime bien les fractales qui ne me servent à rien dans la vie de tous les jours, à part à m’extasier devant un chou-fleur et faire rire en racontant que c’est une fractale de toute beauté, sans que personne ne m’en fasse commande !

L’autodidaxie est un argument que ni Luc Ferry, ni Cédric Villani ne connaissent et ce sont eux qui ne servent plus à rien, pire qui nous déprécient.

L’autodidacte est celui qui apprend sans maître. L’autodidaxie est l’action d’apprendre sans maître.

Il est là le problème en France, le territoire est envahi de maîtres, qui dit maîtres, dit esclaves et le résultat est dans les choux !

Autodidacte

L’autodidacte, un autre modèle.

Apprendre ou à lasser

Apprendre, est-ce une action qu’un Homme pratique depuis sa plus tendre enfance naturellement ? Ou bien est-ce une action contrainte, qu’elle nécessite un maître pour obliger l’Homme à apprendre ce qu’un autre lui dicte ?

Selon la réponse apportée par les uns ou les autres et pour simplifier, il y aurait donc deux écoles pour apprendre :

  • L’école libre, basée sur le droit naturel de l’Homme à apprendre, ce qu’il est capable de faire sans contrainte.
  • L’école encadrée par un ou plusieurs maîtres, comme c’est le cas en France actuellement, notamment avec l’éducation nationale.

Il peut même s’en dessiner une troisième forme, qui tende à mixer les deux écoles ci-dessus.

Mais arrêtons-nous un peu sur ce mot : école. Le mot école provient du mot Grec ‘skholê’, qui signifie ‘arrêt de travail’ et Aristote disait : « Tous les hommes ont un désir naturel de savoir. »

Or, comme chacun l’apprend à ses dépens, la satisfaction des désirs encore aujourd’hui, se constate par le plaisir éprouvé qui met en joie et non par le tripalium réservé aux esclaves de l’époque.

Autrement dit, depuis fort longtemps, les Hommes ont découvert la voie la plus sûre pour savoir, celle d’apprendre par plaisir et non par contrainte.

Maître étalon

Pourtant, nous nous retrouvons à vivre dans des sociétés bénéficiant de nombreux savoirs, qui prônent l’école encadrée par des maîtres, qui délivrent des diplômes comme des récompenses au chien de Pavlov, sans s’arrêter de travailler à cette industrie de croquettes enrobées d’un prestigieux papier très dispendieux : le diplôme.

Si le désir de savoir ne s’est pas éteint, si les Hommes continuent à apprendre comme ils en sont capables depuis leur naissance, et si les Hommes depuis le début des temps ont toujours transmis ce qu’ils savent de générations en générations, bref si les Hommes n’ont jamais été rien de plus que des autodidactes transmetteurs, gagnent-ils plus de savoir par la contrainte des maîtres ?

L’école encadrée par des maîtres est obligatoire. Pourtant, cette même école, est-elle bien celle qui répond à votre désir naturel de savoir et vous met en joie ?

Allons enfants

Vos enfants sont-ils heureux d’aller dans cette école, ou devez-vous les y contraindre parce que le législateur lui-même vous y oblige et vous menace ?

Que vont devenir vos enfants, si à force de contraintes, ils ne peuvent plus jamais s’arrêter de travailler pour leurs maîtres, ni satisfaire leur désir naturel de savoir ?

Que vont devenir vos enfants et vous-même, qu’allez-vous devenir, si vous n’avez plus le droit d’être cet Homme autodidacte inscrit dans votre ADN ?

Qu’allons-nous devenir si la liberté de nous nourrir de tous ces savoirs accessibles de plus en plus facilement grâce aux technologies et transmissibles partout, nous est confisquée, remplacée par des croquettes dosées par effet de mode et de lubies politiques ?

L’expérience de l’école libre, c’est de la semence qui fait grandir les Hommes, ce que la liberté permet !

 

Artid